NOVEMBRE
Réalisation, image, son Abel Davoine Production Cornelia Hummel, Imagia, Olivier Bolher, Nocturnes Production, Abel Davoine, Traces Cinéma Montage Stéphanie Perrin Etalonnage Chritsoph Walther, Rec Tv Montage son, mixage Matrin Stricker, le Bruit qui court Dessin affiche Joëlle Isoz Graphisme Kaliata Guinand Musique John Cage, Dream Soutiens Ville de Genève, Département de la culture, République et canton de Genève, Département de l'instruction publique, Fonds Regio Films, Loterie Romande.
2010 - Suisse, France - 99' - VO française - subtitles: english
Dans un petit village jurassien surplombé par une forteresse médiévale en ruines, une mère et son fils habitent ensemble une maison. Ces deux individus d’un certain âge partagent un quotidien relativement banal où deux formes existentielles divergentes se heurtent cependant l’une à l’autre.
Le fils s’occupe de sa mère et veille au ménage ; toutefois, il aime aussi entreprendre de longues balades en compagnie de son tabac, savourant alors ouvertement son rôle de marginal poétique. Dans l’ensemble, il s’agit d’un individu qui éprouve un besoin constant d’expression. Son obsession du mot juste ainsi que ses allures théâtrales se heurtent au silence expectant de la mère, qui hante de longues séquences du film accompagné du tic-tac de l’horloge ou parfois des sons veloutés d’une composition pour piano songeuse de John Cage, que le fils interprète d’une main hésitante.
Mais dans certains moments, encouragée par son fils ou touchée par une main fantomatique invisible, la mère se met à raconter, laissant un passé confus et fragmenté se matérialiser sous un jour nouveau au milieu des vieux tableaux, des photographies, des livres et des meubles. Quoiqu’il en soit, l’authenticité de ses propos est secondaire. Entre l’or automnal et les crépuscules de l’hiver, ce qui semble avant tout intéresser Abel Davoine, réalisateur de Novembre, ce n’est pas la question de la véracité de nos souvenirs, mais celle des traces que le temps laisse sur les choses, et que le temps et les choses laissent à leur tour sur nous.
Sonja Horisberger, catalogue Visions du Réel 2010